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J. Lapouméroulie - 2004 : « Ostéo », l’aboutissement ?

© Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie

L’enseignement de l’ostéopathie

Point de vue de Jacques LAPOUMEROULIE, kinésithérapeute et ostéopathe.

A ce jour les kinésithérapeutes qui s’initient à l’ostéopathie le font sous la forme de la formation continue. Ils s’adressent à des centres de formation privée en très grande majorité et dont le nombre devient pléthorique. Il est impensable de laisser aux seuls marchands du temple l’apprentissage du savoir !

Ces centres dispensent leurs enseignements selon des critères plus ou moins fiables et très hétérogènes. Il serait souhaitable de mettre en place un enseignement structuré afin d’accéder à un exercice indépendant de l’ostéopathie avec le souci de compétence en égard au respect du patient et de la santé publique.

Tout cela doit se faire avec l’expérience des acquis en kinésithérapie et dans la future et proche réforme des études des professions de santé.

Les études de kinésithérapie sont à l’heure actuelle de 3 ans (en moyenne 3500 heures) auxquelles s’ajoute dans la majorité des cas une année supplémentaire acquise en PCEM1 ; cela pouvant correspondre à l’équivalent d’une licence. La commission Nicolas (mise en place sous le Secrétaire d’État à la Santé, M. Kouchner) et la même commission présidée par M. le professeur Nicolas devraient présenter à M. le professeur Thibault, chargé par  le Ministre de la Santé M. Mattei de ce dossier, la nécessité d’accomplir deux années d’études pour obtenir la compétence propre à l’ostéopathie ou l’équivalence de 1500 heures. Un diplôme  de M.K., pourrait dans le futur L+M+D se diviser en deux branches : une voie pour déboucher sur un master de sciences et techniques de la rééducation et l’autre se dirigeant vers un master à compétence ostéopathique, dans les deux cas le master étant de niveau bac +5.

Il nous serait alors permis d’envisager le passage au doctorat (bac +8) en kinésithérapie ou en ostéopathie, comme dans d’autres pays européens, qui permettrait d’élaborer et développer les questions théoriques liées à l’esprit scientifique et de configurer les travaux de terrain et de  laboratoire.

A ce jour en France, le D.E.A.(Diplôme d’Etudes Approfondies) plutôt tourné vers la recherche est à bac +5 et le D.E.S.S. (Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées ) plutôt tourné vers la pratique professionnelle à bac +5. Le système européen se répartit en 3, 5, 8 ; 3 ans pourront s’identifier à un niveau de technicien ; 5 ans à celui d’ingénieur. En Europe, à ce jour, les kinésithérapeutes français n’ont aucun grade universitaire. La kinésithérapie et l’ostéopathie sont dans le « giron » des professions médicales, il serait nécessaire de penser qu’il n’est pas indispensable d’être médecin pour accéder à la profession de kinésithérapeute ou d’ostéopathe ; nous pouvons projeter que ces deux disciplines deviennent majeures avec leurs propres diagnostics spécifiques, leurs propres outils, leur propre identité. Nous pouvons définir une médecine ostéopathique au sens premier du terme, c’est à dire - medicus- (traitement manuel) ; cela empêchera la déviance de la pratique ostéopathique vers la médecine allopathique ou celle dite de médecine manuelle.

Les récents rapports Debouzie, Berland, Matillon nous permettent à différents degrés d’envisager de réfléchir à cette évolution.

Pour nous kinésithérapeutes, le contenu des études en ostéopathie doit s’orienter principalement vers quel programme? Nous pensons que si les connaissances et les bases pratiques de la kinésithérapie sont un atout essentiel comme nous l’avons explicité à diverses reprises, comme point de départ pour postuler au titre d’ostéopathe, un savoir supplémentaire est indispensable en matières médicales (sémiologie, examens complémentaires, biologie et imagerie médicale, psychologie), pour former un ostéopathe à posséder la connaissance nécessaire et indispensable pour accéder au « primum non nocere ».

L’exercice professionnel du titre d’ostéopathe pourrait se faire en complémentarité des professions médicales ; l’usage de ce titre pourrait être à l’image, par exemple, de celui qu’ont obtenu les psychologues (qui sont au niveau D.E.S.S).

Le titre d’ostéopathe pourrait se décliner à un niveau master et se doit d’être un diplôme d’État ; nécessaire d’appartenir à l’Éducation Nationale si on s’attache au L+M+D (rang universitaire). Il peut être également sous la tutelle du Ministère de la Santé si le législateur le considère comme appartenant à ce domaine. La commission Nicolas a émis le souhait de ne pas le classer pour le moment dans le Livre I (profession médicale) ou III (profession paramédicale) ; ce n’est pas un nœud gordien…

Sciences de la Vie et de la Santé ; Sciences Humaines et Sociales :ce titre peut être classé dans l’un ou l’autre.

Autre suggestion :nous pouvons peut être réfléchir à envisager, devant la pénurie de professionnels qui est en train de s’installer, la création d’un titre de masseur au niveau d’une licence (bac +3)  permettant d’exercer, qui interdirait les déviances du massage qui sont en train de naître ; d’accéder à un titre de M.K à bac +5 (master ) et à celui d’ostéopathe-medicus-  à bac + 8 (doctorat ) ? ; cela permettrait de conserver une lignée de thérapeutes manuels chers à Hippocrate… ? -

Pour conclure, nous pouvons  souhaiter que la mise en place de ce titre d’ostéopathe se fasse avec le souci de répondre à ce triptyque républicain :

  1. Besoins et exigences de la santé publique, c’est à dire libre accès à tous aux soins ostéopathiques, cela ne pouvant bien sûr occulter la question liée aux  remboursements.
  2. Qualité des soins.
  3. Réalisation d’économie sur le coût de la santé.

Osteo :2004 :…. « le commencement de la fin ou la fin du commencement » ?

J. LAPOUMEROULIE

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