Menu

Une sélection des livres de la bibliothèque...

 

 aesculape-10

Le Mécanisme Respiratoire Primaire n'existe pas !

INTERVIEW de Jean Claude HERNIOU, Ostéopathe D.O. DGBM par Guy ROULIER D.O.

parue dans la Revue Æsculape n° 10 de Janvier -février 1998

Reproduit avec l'autorisation de Guy Roulier et de JC Herniou.

Guy Roulier : Jean-Claude, nous savons que depuis plus de dix ans, tu consacres une partie de ton activité à faire de la recherche afin d'apporter une pierre supplémentaire pour crédibiliser l'ostéopathie. Où en es-tu ?

Jean-Claude Herniou : Depuis 1984, peu de travaux ont été publiés dans ce domaine ; les États-Unis, qui disposent des moyens les plus importants, ont orienté leurs travaux vers d'autres horizons. Il était donc l'heure, pour l'Europe, de prendre la suite. Le relais a été mis en place après le congrès mondial de Bruxelles en 1984.

GR : Alors, le crâne bouge-t-il ?

JCH : Évidemment ; d'ailleurs, si les os du crâne étaient fixes, il n'y aurait pas de sutures. De plus, cette non mobilité serait une exception dans les lois de la vie, ce qui rendrait, à mon avis, ce système crânien encore plus intéressant !

GR : Qu'avons-nous comme certitude ?

JCH : La première nous ramène aux travaux du département de Biomécanique de l'Université du Michigan en 1981 auxquels j'ai participé en tant qu'observateur invité par le Pr. John Upledger. Les résultats histologiques d'Ernie Retziaff et les diapositives qui ont concrétisé ces travaux, sont hautement significatifs : les sutures crâniennes sont richement vascularisées et innervées et elles contiennent des fibres conjonctives élastiques en grande quantité.

Peu après ces travaux, le chercheur sud africain Bunt a prouvé qu'il existait des mécanorécepteurs intrasuturaux.

En 1984, le Pr Tamboise en France a montré qu'il existait des ostéoblastes en nombre au sein des sutures, ce qui confirme une activité intense à ce niveau.

GR : Et depuis, qu'en est-il ?

JCH : C'est à partir de 1985 justement que je commence mes propres recherches dans ce domaine. Après avoir obtenu en 1984 un diplôme de Maîtrise universitaire scientifique me permettant d'intégrer l'Ecole Doctorale d'un grand département universitaire français de Biomécanique affilié au CNRS.

GR : Peux-tu nous donner de l’information sur les résultats de tes travaux ?

JCH : Depuis 1987, j'ai la preuve que le liquide céphalo-rachidien (LCR), très cher à mes confrères ostéopathes, n'est pas le moteur de la mobilité crânienne. Le LCR n'est le moteur de rien du tout. Et, plus important encore, j'ai la preuve que le « mécanisme respiratoire primaire », tel qu'il est habituellement décrit en Ostéopathie, n'existe pas. Quand je lis ce qui est écrit à ce niveau je suis, pour le moins, perplexe !... Il me semble que de nombreux auteurs, par culte de Sutherland, perpétuent une erreur grossière. Cette idée bien explicable pour l'époque est aujourd'hui totalement obsolète. A mon avis, elle décrédibilise l'ostéopathie.

GR : Ce que tu dis là est grave, car les ostéopathes européens les plus célèbres et même les plus grands professeurs médecins américains ostéopathes américains soutiennent encore cette hypothèse de l’existence d’un mécanisme respiratoire primaire (MRP) dont le moteur selon l’avis de la plupart d’entre eux serait le LCR.

JCH : Voilà bien le problème, dans la notion conditionnelle du « serait », dans la notion d'hypothèse qu'il ne faut pas confondre avec la conclusion (la tentation est fréquente).

Aujourd'hui en tant que scientifique, je ne peux plus me contenter du conditionnel et je me dois de vérifier la crédibilité des conclusions. Je me suis longtemps contenté de « croire », puisque jadis j'ai moi-même accrédité ce genre d'erreur ! J'ai cru comme beaucoup à ce que les « Maîtres de l'ostéopathie » disaient ou écrivaient. Mais en ce qui me concerne il ne s'agissait que d'une erreur de jeunesse et je me suis très vite posé certaines questions car les explications que me proposaient ces « Maîtres » me paraissaient franchement teintées d'un flou artistique suspect.

GR : Maintenant que tu sembles vouloir détruire un « mythe », étant donné la résonance que cela va avoir dans le monde ostéopathique, tu dois nous apporter des preuves de ce que tu avances ?

JCH : J'ai ces preuves depuis 1987, et je ne les ai pas diffusées afin de ne pas trop perturber une certaine « suffisance » ostéopathique dans laquelle s'est installé un certain nombre de « dignitaires » enseignants. Il est vrai que 10 ans ont passé depuis cette découverte et qu'il est grand temps de mettre « les pendules à l'heure » au moment où le Parlement Européen nous propose de fournir des arguments crédibles à notre thérapeutique alternative reconnue à juste titre à des non médecins dans certains pays européens.

GR : Tu peux donc nous donner des résultats chiffrés de tes travaux !

JCH : En effet, il ne s'agit pas ici de se contenter de détruire des mythes. Les résultats, les voici : le LCR est un liquide sous pression fluctuante. Il constitue donc bien avec la boîte crânienne ce qui caractérise mécaniquement un couplage Fluide/Structure. Mais la pression qui s'exerce dans le sens de la normale connaît une valeur négligeable : pression LCR = 1200 N/m2. Il est donc possible de déterminer que cette pression peut être totalement négligée puisque j'ai démontré qu'elle est inférieure au 1/10 de celle que nous appliquons avec nos mains lors de nos tests sur le crâne, même lorsque nos mains ne se contentent que d'effleurer le cuir chevelu !

De plus, la fluctuation du LCR s'effectue à très faible vitesse (1 cm à l'heure). Celle-ci constituait la dernière chance « motrice » pour le LCR. Le problème LCR est donc définitivement réglé.

Les structures crâniennes, y compris suturales, sont beaucoup trop résistantes pour que la contrainte transmise par le liquide céphalo-rachidien soit significative. Enfin, le feuillet externe de la dure-mère ne constitue pas le périoste interne ; les deux structures sont indépendantes et ne sont que très légèrement accolées l'une à l'autre. Il est très facile de les désolidariser.

GR : Ceci remet en cause la crédibilité des techniques crânienne ?

JCH : Oui, mais heureusement il ne s'agit seulement que de quelques unes. La plupart restant valables. Par exemple : les techniques mettant en rapport les os les uns par rapport aux autres en fonction de la structure suturale (biseautée, dentée, harmonique...) restent crédibles mais tout le monde se doute bien que la technique CV4, (encore un mythe de Sutherland), ne comprime pas le 4ème ventricule, et heureusement. Cependant elle reste une excellente technique d'inhibition du système orthosympathique (je simplifie beaucoup et je m'en excuse auprès des puristes). C'est l'explication surtout au niveau de l'effet mécanique des techniques de correction de la fluctuation du LCR ou de son influence qui est à remettre en cause totalement.

GR : Certains on dit et écrit que le cerveau était globalement pulsatile ; on a même comparé son fonctionnement à celui d'une méduse dans son milieu aquatique ?

JCH : Si le cerveau était pulsatile, ça se saurait, et comme substance noble, une méduse ! Quelle déception.

Pire, j'ai lu un jour une publication d'un médecin ostéopathique américain « sérieux » qui prétendait que le LCR constituait le support de l'âme et qu'il était « l'essence » de l'effet Kirlian. Heureusement, il n'a convaincu personne.

GR : De combien bougent les sutures crâniennes, à quoi servent-elles ?

JCH : Mes estimations moyennées sont les suivantes et confirment les travaux antérieurs : harmoniques 45 microns, dentées et biseautés 25 microns (une contrainte équivalente à un poids de 500 grammes sur 1 cm2 appliquée sur le biseau interne le mobilise de 6,5 microns en moyenne).

Les sutures jouent un rôle considérable d'absorption /amortissement des contraintes externes sur la boîte crânienne (déformabilité assez importante par rapport à la structure osseuse).La dure mère sert d'arceau de sécurité avec renforcements particuliers à certains endroits « stratégiques ». Le LCR a un rôle de répartiteur et donc d'ultime protection de la substance nerveuse.

GR : Comment peut-on concevoir qu'un praticien puisse ressentir manuellement des mouvements  aussi faibles ?

JCH : Je te rappelle qu'une feuille de papier à cigarette ne fait que quelques microns d'épaisseur. Si tu fais l'expérience de la mettre unilatéralement entre les faces masticatrices des molaires d'un sujet lorsqu'il a les yeux fermés, non seulement il ressent la malocclusion imposée mais il présente une modification de son équilibre postural.

Au niveau des mains d'un praticien bien entraîné, la proprioceptivité tactile est presque comparable : il ressent la légère « marche » descendante ou montante créée par les deux feuilles de papier à cigarettes posées l'une sur l'autre légèrement en décalage. Les techniciens spécialisés dans l'outillage des pièces mécaniques de précision (pièces de moteur d'avion par exemple) ressentent un défaut d'épaisseur de l'ordre de 10 microns lorsqu'ils prennent dans chacune de leur main deux pièces apparemment identiques.

GR : Comment expliquer que lorsque l'on met les mains sur la tête d'un patient on re.i.lent une mobilité caractéristique de la mobilité dite « crânienne » ?

JCH : Il y a deux mobilités respiratoires : la nôtre et celle du patient. Elles correspondent toutes deux à notre respiration costo-diaphragmatique, je dirais plutôt ventilation pour bien montrer que çà n'a rien de « primaire » puisqu'elle n'existe pas in utero. Si on veut faire de l'ostéopathie crânienne, la première précaution à prendre est de ne pas confondre les deux rythmes : le sien et celui du patient. sinon en sentant sa propre respiration, on sentirait bouger rythmiquement des objets inertes.

GR : Donc le mécanisme primaire n'existe pas ?

JCH : Non, la mobilité du fœtus in utero est celle de sa mère. Je l'ai vérifié et démontré. De plus c'est une erreur supplémentaire que de s'imaginer que la mobilité existe encore un quart d'heure après la mort comme je l'ai lu. Quand on est mort, on a expiré une dernière fois, donc on ne respire plus : ce n'est pas une découverte.

GR : Mais alors si tout simplement la respiration/ventilation costo-diaphragmatique est le moteur du système, comment expliquer que les praticiens perçoivent un décalage entre la ventilation et ce qu'ils ressentent à la tête, au sacrum ou aux pieds du sujet ?

JCH : Non seulement ce décalage existe mais il est mesurable et il a été mesuré. Il devient presque nul lors des soupirs, des bâillements et de la ventilation active maximale. Je voudrais rappeler que, en complément de la mécanique (articulaire, viscérale, crânienne), il ne faut pas oublier que le corps humain vivant est avant tout un modèle liquidien. Le corps humain (y compris les os) est surtout composé d'eau. Une partie de ma recherche fut consacrée à l'évaluation des modules d'élasticité et des coefficients de déformabilité des structures crâniennes vivantes. Ceci n'avait jamais été fait et les résultats obtenus permettent une meilleure compréhension des mécanismes crâniens. Ceci dit, pour répondre plus particulièrement à ta question concernant la motricité du système, remarquons que c'est en fonction des différences de structures qu'elle va rencontrer que l'onde de choc émise, dans le système liquidien humain par la ventilation (surtout par l'énorme piston hydraulique diaphragmatique), va être progressivement transmise jusqu'aux extrémités du corps. La réception de cette onde à distance sera déphasée et atténuée (diminution en fréquence et en amplitude) de façon proportionnelle à la densité et à la composition des structures traversées ainsi qu'à la distance parcourue par rapport au piston diaphragmatique. Nous avons donc des phénomènes que j'ai mesurés, de diffusion, d'absorption et de rebond, responsables de l'atténuation des ondes. Ainsi, il est donc normal que la réception de l'onde au pied présente un léger retard par rapport à celle perçue au niveau du crâne.

GR : Dans cette transmission, quel est le rôle des fascias ?

JCH : Le rôle des fascias bien mis en évidence par Roques et Gabarel en 1985 est important dans cette transmission mais il ne saurait remplacer celui des muscles. Ainsi, le rôle du diaphragme si cher à PH. Souchard est primordial, comme nous venons de le voir. Cependant, je tiens à mettre en avant également le très grand rôle joué par les contraintes musculaires externes (il suffit pour s'en rendre compte de mesurer la puissance masticatrice par exemple ! Comment veux-tu qu'elle n'influence pas au plus haut degré la mobilité crânienne...).

Ceci explique aussi toute l'efficacité au niveau du corps des techniques myotensives chères à Fred Mitchell.

GR : Alors au moins les ostéopathes ne délirent pas quand ils font de l'écoute et de la thérapie crânienne ?

JCH : Non bien sûr, et s'il n'y avait pas de résultats significatifs, il y a longtemps que les ostéopathes ne s'acharneraient plus sur le crâne, mais cela sera l'objet d'un autre débat.

Malheureusement les explications que certains, et non des moindres, ont voulu fournir aux autres pour justifier les ou leurs pratiques manuelles crâniennes et parfois surtout pour se faire valoir, ont été teintées d'une certaine fantaisie...

GR : Mais alors le moteur respiratoire ! C'est très simple ?

JCH : Oui, comme toujours, la vérité est simple et ce n'est pas nouveau : « ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ». Mais la respiration, tant au niveau physiologique que biologique, n'est pas à mon avis un problème simple.

Guy Roulier : Jean- Claude, tu as déclaré et fait la démonstration que le Liquide Céphalo-Rachidien (LCR) ne pouvait pas être le moteur du mouvement crânien tel qu’annoncé par W.G Sutherland puis écrit par H.I. Magoun. Cela implique également que le MRP (Mouvement Respiratoire Primaire) n’existe pas. Alors que ce passe-t-il au niveau du crâne ?

Jean-Claude Herniou : La pression et la vitesse de fluctuation du LCR sont  beaucoup trop faibles pour expliquer les mouvements des os du crâne qui existent cependant bel et bien et heureusement par déformations. Les sutures amortissent les contraintes.

Par ailleurs, plus généralement dans cette affaire de l’ostéopathie crânienne, la publication d’H.I. Magoun pose beaucoup plus de problèmes que celle de W.G. Sutherland.

W.G. Sutherland a fait une réelle découverte publiée dans son livre the Cranial Bowl, par contre H.I. Magoun a dangereusement exploité ce concept dans son livre Osteopathy in the Cranial Fields.

Ce problème est vaste et je m’en expliquerais clairement dans une prochaine publication.

GR : Mais alors, si le crâne se déforme néanmoins, si les sutures crâniennes amortissent les contraintes, d’où viennent ces contraintes et quels sont les vecteurs des déformations crâniennes ?

JCH : Le crâne subit en permanence des contraintes externes dues aux tensions musculaires et parfois aux traumatismes. La contrainte interne due au LCR est très faible sauf pathologies graves bien connues. Les contraintes sont logiquement amorties par les sutures dont certaines restent présentes toute notre vie. Grâce à ces sutures le crâne se déforme en cas de choc un peu comme un avion le fait lors des turbulences. Si les sutures n’existaient pas, les risques de fractures seraient encore bien plus grands. Bien sur ces « amortisseurs suturaux » ont des limites ! Connaissant les modules d’élasticité et de déformation des os du crâne et de la dure-mère que j’ai estimés en 1987, et sachant que Ec = 1/2 m .v 2 , on peut facilement calculer les limites de déformabilité jusqu’à la rupture de l’os.

GR : Est-ce que cela change fondamentalement l’étude du crâne au niveau ostéopathique ? Les lésions et leur traitement sont-elles différentes ?

JCH : Non. Tous les mouvements des os du crâne décrits de manière empirique par les ostéopathes sont dans l’ensemble à peu près conformes à la réalité. La plupart des lésions peuvent être traitées suivant les normes habituellement décrites par les ostéopathes. Trois problèmes principaux se posent cependant :

La symétrie structurelle est une utopie qu’il faut à mon avis fermement combattre afin de ne plus jamais chercher à l’atteindre. Seuls les tests de mobilité sont à considérer avec attention.

Les techniques d’équilibration de la fluctuation du LCR type « roulement alternatif des temporaux » n’ont pas d’effets significatifs sur le LCR mais par contre agissent sur le système d’équilibration et peuvent entraîner des vertiges lorsqu’elles sont pratiquées sans indications cliniques appropriées

Il me semble inutile (voire dangereux !) de vouloir structurer la base et la voûte crânienne des patients adolescents ou adultes par des techniques directes.

GR : Si l’on a beaucoup parlé depuis une cinquantaine d’années  de « rythme crânien », penses-tu qu’il puisse y avoir effectivement une pulsion rythmique qui s’exerce sur le crâne, par exemple sous l’impulsion du diaphragme ?

JCH : Il y a une déformation rythmique (sinusoïdale) ventilatoire costo-diaphragmatique de la boîte crânienne comme sur le reste du corps qui s’exerce par l’intermédiaire des muscles et des fascias. Mais il y a aussi le rythme à fréquence rapide du pouls artériel qui est loin d’être négligeable. Plusieurs autres biorythmes existent comme la micro-motilité capillaire liée au remplissage artériolaire, ou l’onde de Traube Hering par exemple. Par contre les idées de James Norton mettant en relation les biorythmes du patient et du praticien peuvent nous amener dangereusement à la confusion palpatoire entre soi et l’autre. Il existe heureusement des techniques d’apprentissage palpatoire qui permettent de différencier facilement nos propres biorythmes et ceux de nos patients.

GR : Te rends-tu compte que tu bouleverses à la fois les connaissances considérées comme acquises depuis Sutherland et Magoun, et l’enseignement du « crânien » dans le Monde !

JCH : Oui, mais tu sais ce bouleversement n’a que bien peu d’importance par rapport aux nombreuses et formidables découvertes scientifiques dont ce récent vingtième siècle a fait preuve.

Il est temps en effet pour l’Ostéopathie, que nous aimons tous, d’être enfin et définitivement sur la voie de la crédibilité scientifique et que les charlatans de tout poil qui la discréditent actuellement disparaissent des tableaux d’honneurs.

GR : Tu ne vas pas te faire que des amis dans le monde ostéopathique ; cela dérange beaucoup !

JCH : J’ai la chance d’avoir de nombreux amis parmi les ostéopathes dans toute l’Europe, ceux là seuls m’intéressent. Quant à la critique facile, la médisance, voire la calomnie, dont font preuve certains... elle ne démontre que leur vanité, leur jalousie et leur ignorance.

GR : D’ailleurs est-ce la raison pour laquelle tu as gardé longtemps tes travaux dans tes tiroirs ?

JCH : J’ai gardé « sous le coude » toutes ces idées pour différentes raisons. La principale est que l’Ostéopathie ne me semblait pas mûre pour recevoir et surtout accepter ce genre de remise en cause, c’est à dire : une critique constructive. Maintenant que l’Ostéopathie est « reconnue » ou en voie de reconnaissance, il est temps de trier le bon grain de l’ivraie. La casse, pour certains, sera à la hauteur de leur prétention car ils ne pourront plus parler de mysticisme ou d’ésotérisme dans une Université Scientifique (médicale et scientifique). C’est la voie que l’Ostéopathie mérite.

GR : Maintenant comment vois-tu l’avenir de l’ostéopathie crânienne ? Son enseignement, ses applications, et à travers cela l’élimination des mages et des gourous ?

JCH : L’élimination des gourous et mages de l’Ostéopathie est imminente et ils le savent. Cependant, ils pourront toujours exercer leurs prières et incantations en annonçant une autre couleur : « praticien en channelling » par exemple! Qu’ils se rassurent de nombreuses personnes inquiètes et crédules les consulteront encore.

L’Ostéopathie n’a plus rien à voir avec certaines thérapies « new age » en vogue aux USA, puisque le concept d’A. T. Still est aujourd’hui scientifiquement établi. L’enseignement se fera certainement en Université et/ou dans des Écoles ou Instituts privés, sous contrat et contrôle de l’État, avec des enseignants universitaires de très bon niveau scientifique.

GR : Donc, l’OSTÉOPATHIE grâce à tes travaux doit se trouver grandie, crédible, débarrassée de quelques ésotérismes nuisibles à son image d’approche scientifique qui n’exclut pas l’art du praticien. Est-ce ton avis ?

JCH : Je n’espère apporter que ma modeste pierre à ce grandiose édifice qu’est l’Ostéopathie. L’art du praticien de toute façon restera déterminant. La main intelligente est un outil inégalable et l’Art du praticien sera par bonheur vraiment très, très difficile à numériser et informatiser.

GR : Un grand MERCI et à bientôt Jean-Claude.

Publicité

Bulletin d'abonnement

abonnement juin17

Les Revues

Congrès & conférences

Nous avons 728 invités et aucun membre en ligne

Recevez notre newsletter

Aller au haut