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dr stillUn bien grand silence...

Un bien grand silence, dans cette étrange danse, où l’ostéopathie, désormais pratiquée par plus de 27000 personnes en France, semble connue et reconnue, alors qu’elle navigue encore, parfois en eau trouble avec quelques vagues, sans que ses ambassadeurs n’envisagent de déclencher une tempête réflexive salutaire. Certains responsables et directeurs ne semblent d’ailleurs pas vraiment inquiétés par la dilution démographique et conceptuelle d’un art qui, faute d’identité, est menacé d’apoptose.

27000 praticiens, libres, supposés doués de réflexion, exercent un art manuel sans supervision ni contrôle, prétendant chacun être « plus ostéopathe que son voisin » : plus dans la tradition, avec des gestes et techniques plus justes car exécutés par de « véritables et authentiques héritiers de Still » ou de ses disciples. Ainsi de jour en jour, lentement mais sûrement, de post-gradués en Master-class, l’ostéopathie se disperse et s’invente dans des propos subjectifs dépourvus de sens. Pis encore, chacun croit en des acquis immuables et conformes à la réalité, qui ne peut prétendre représenter le réel, mais ne reflète qu’une subjectivité sans cesse en mouvement.

Étrangement et bien que l’ostéopathie prône l'unité du corps humain, elle ne parvient pas à instaurer l’unité dans son propre corps professionnel et développe divers courants de pratique. Ainsi au lieu de parler d’une ostéopathie, les ostéopathes se définissent curieusement selon leurs actes avec

- le structurel, pour l’ostéo-articulaire alors que tout est structure - le viscéral, comme siège des émotions à privilégier
- le fonctionnel, comme si on pouvait dissocier la structure de sa fonction - le tissulaire alors que tout dans le corps est tissu, dur ou mou
- le fluidique, le membranaire et autres exclusivités perdant de vue l’unité du corps - le crânien comme apologie d’une gouvernance supérieure
- la biodynamie, serait-elle encore une autre ostéopathie…douce ?
- le psychosomatique, comme si ce champ était exclu des précédents,
- ou pire, des experts des bébés, des sportifs, de la femme enceinte ou des seniors…

Mais, au-delà des principes dits de « Still », quelle est cette notion d’identité commune qui réunirait tous les ostéopathes aujourd’hui divisés? Quels en sont les fondements ?

- une philosophie de la santé étroitement liée à la philosophie de la personne, singulière par définition, avec l’éthique qui s’y rapporte
- le fait de reconnaître que, dans la relation corps esprit, la relation patient thérapeute par la main et le toucher « quelque chose échappe » à la science
- l’approche systémique enrichie du concept d’émergence et non pas globale, holistique du patient : qui pourrait en effet prétendre appréhender un être dans sa totalité ?
- le postulat selon lequel des fonctions altérées ou certaines maladies relèveraient de diverses perturbations au sein des structures du corps.

Quant à l’acte ostéopathique il se réfère concrètement à la physiologie, à la biomécanique des territoires anatomiques mais aussi leurs réseaux de communication et d’interactions entre les éléments constitutifs du corps et avec leur environnement.

La médecine ostéopathique est par essence une et indivisible en spécialités. Cessons de confondre identité et acte, constatons que chaque ostéopathe choisit ses critères et ses modèles pour détecter qualitativement et non quantitativement les dysfonctions de ses patients et qu’il agit de deux manières. S’il décide de procéder lui-même aux ajustements, ce sera un abord direct ; et s’il accompagne, en une action synchrone bienveillante, le patient qui s’autorégule, ce sera un abord indirect. Le concept ostéopathique n’est pas remis en question par cette définition qui repose d’une part sur une identité commune et d’autre part sur seulement deux modes d’action possibles, directe ou indirecte, et compatibles ; et cela ne devrait pas susciter de querelles d’école. Ne nous opposons pas, mais construisons ensemble une médecine de demain, fondée sur ce que l’humain, au-delà de sa physiologie, a de plus personnel et singulier, son histoire.

Ildiko & Cyril

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