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Andrew Taylor Still et la fondation de l'ostéopathie

 Contribution historique et anthropologique nouvelle - Introduction - Auteur : C. Hamonet *

Extrait de la Revue de Médecine Manuelle Ostéopathie n° 29 - Décembre 2009.

M. C. Hamonet, MPR, Docteur en Anthropologie Sociale, ex Professeur associé à l’Université du Kansas, ex chef de service (CHU Henri Mondor)

Article reproduit avec l'autorisation du Dr Jean-Yves Maigne, Rédacteur en chef de la Revue.

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Le Site de l'Ostéopathie remercie particulièrement le Prof C. Hamonet et le Dr J.-Y Maigne de nous avoir autorisé à publier cet article.

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Figure 13 : A.T. Still, à la fin de sa vie.

« I quote no authors but God and experience »,
«Je ne me réfère à aucun auteur mais seulement à Dieu et à l’expérience. »

A.T. Still, 1897(1).

Résumé

On sait peu de choses sur Still sinon qu’il est à l’origine d’une doctrine de la maladie et de la guérison différente des théorisations médicales de son époque. Beaucoup de choses inexactes ou de convenance ont été dites ou écrites dans le sens d’une valorisation du personnage qui frise l’hagiographie. Le hasard d’une nomination universitaire nous a conduit sur ses traces au Kansas en 1993. Piqué par la curiosité, nous nous sommes donc attachés à découvrir ce personnage insolite et haut en couleur, tantôt admiré, ailleurs décrié mais aussi ignoré (c’était le cas des enseignants des anthropologues de l’Université du Kansas qui nous accueillait). Nous avons eu la chance de recueillir des documents, certains manuscrits, que nous avons exhumés des caves poussiéreuses de petites universités religieuses ou bien trouvés dans les formidables bibliothèques universitaires américaines au milieu des « stacks » et même chez des bouquinistes. Ceci nous a permis de reconstituer une partie de l’Histoire de l’ostéopathie et des ostéopathes et d’introduire une réflexion anthropologique pour mieux expliquer ce phénomène sociétal qu’est le développement de l’ostéopathie à côté de la Médecine. Nous faisons plusieurs observations critiques et avançons un début d’explication. Nous essayons aussi de tirer des leçons pour améliorer notre pratique médicale à la lumière de ce dont l’ostéopathie nous fait prendre conscience. Cette quête n’est pas terminée.


Introduction

Il est devenu banal aujourd’hui, pour nos patients, de faire appel à « l’ostéo » ou, plus rarement en France (à l’inverse de ce qui se passe aux Etats-Unis), au « chiro », principalement pour leur confier leur dos sans trop savoir en quoi consiste l’ostéopathie. Des médecins ont intégré, depuis peu, ce terme, peu explicite, dans leurs pratiques de la Médecine Manuelle. Dans un but de clarification historique de la séméiologie médicale et des méthodes de traitement en médecine, il parait important de se pencher avec sérénité et objectivité sur ses origines pour mieux comprendre l’usage qui en a été fait. D’autant plus que beaucoup d’interprétations fantaisistes ont été avancées sans aucun fondement historique.

Le hasard d’un semestre de recherche et d’enseignement en Anthropologie du handicap à l’Université du Kansas, en 1993 à Lawrence, la ville universitaire, nous a fait découvrir, au bord d’une route, à l’entrée de la ville de Baldwin, toute proche, un “historical marker” ou panneau explicatif. Il mentionnait que la petite ville de Baldwin avait compté, parmi ses habitants, le “... Dr. Andrew Still, founder of osteopathy, whose theory of healing was developped here”; “Dr. Andrew Still, fondateur de l’ostéopathie, dont la théorie sur la guérison a été initiée ici.” Quelques mois auparavant, nous avions eu à répondre au discours extravagant, publié dans une revue d’orthophonistes (2), émanant d’un kinésithérapeute qui se disait ostéopathe mais aussi homéopathe et vantait les avantages de pratiques peu cohérentes auprès des personnes handicapées, incitant les orthophonistes à l’imiter. Nous étions donc sensibilisé aux dérives possibles faites au nom de l’ostéopathie.

Cette rencontre fortuite nous a incité à entreprendre une enquête systématique, pour retrouver le contexte historique et culturel dans lequel A. T. Still, a vécu à Baldwin, dans la deuxième moitié du 19e siècle. Nous voulions comprendre, à travers cette enquête sur Still, les facteurs qui ont contribué, dans la période d’implantation des pionniers américains sur les nouveaux territoires de l’Ouest, à l’émergence d’une théorie sur la maladie, la thérapeutique et la guérison qui pousse ses prolongements jusqu’à notre époque. Cette étude n’a pas seulement un intérêt anecdotique et historique, elle s’inscrit dans une réflexion sur les concepts de santé et sur leurs relations avec l’environnement culturel et social et plus largement sur la relation corps et société.

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Figure 1 : Ami, très jeune de Still et l’un de ses premiers élèves, Hildreth est très engagé dans la promotion de l’ostéopathie.

Martin Gardner, dans son livre “In the name of the Science” (3), indique que l’on sait très peu de chose sur la vie de Still en dehors de ce qu’il nous apprend lui-même à travers ses autobiographies publiées en 1897 et 1908 (1). S’y ajoutent les témoignages de ceux (tous ostéopathes et imprégnés des théories du « bon docteur ») qui ont connu Still et ont consigné leurs souvenirs dans des ouvrages qui manquent d’objectivité mais sont cependant importants à prendre en compte parce que justement ils se veulent explicatifs d’un discours parascientifique et idéologique dont ils nous montrent la remarquable constance (4, 5, 6). Le plus documenté est celui que nous avons découvert chez un des rares bouquinistes de Lawrence (figure 1). Il a été publié, à compte d’auteur, en 1938, par un des premiers élèves et ami de Still, Arthur Grant Hildreth, ostéopathe de la première heure et sénateur du Missouri : « The lengthening shadow of Dr. Andrew Taylor Still ». Il est certainement le témoignage le plus documenté sur l’histoire de Still et de l’ostéopathie. L’auteur est aussi le créateur d’un hôpital psychiatrique ostéopathique.

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Figure 2 : Septembre 1993. La danse de l’aigle à l’Université des Nations indiennes récemment créée à Lawrence (Kansas).

Lire la suite : Naissance d’un mot, support d’une « nouvelle théorie de la maladie » et « méthode naturelle de guérison » (Arthur Grant Hildreth)

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